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Governor's Speech
Discours d'ouverture du forum sur les politiques réglementaires et la microfinance en Afrique

 

 

·        Excellence Messieurs les Ministres ;

·        Messieurs Les Gouverneurs ;

·        Mesdames et Messieurs les Représentants du CGAP, de l’Alliance pour l’Inclusion Financière et de Making Finance Work for Africa ;

·        Distingués invités ;

·        Mesdames, Messieurs.

 

C’est un plaisir et un honneur pour le Rwanda d’avoir été choisi par les organisateurs pour la tenue des travaux du Forum sur les politiques règlementaires de la Microfinance en Afrique à Kigali, la capitale du Rwanda. 

 

Je remercie à cet effet le CGAP qui a apporté  son soutien tant humain que financier pour que cette rencontre soit possible, avec un nombre aussi élevé de participants. Le niveau de participation montre à quel point les dirigeants africains ont donné une place prépondérante au  secteur de la microfinance dans la politique de développement du continent. Il est très important de réserver à ce secteur la place qu’il mérite dans nos travaux quotidiens, vu son rôle potentiel dans les stratégies d’éradication de la pauvreté  qui menace nos populations  et  dans la réalisation des objectifs de développement du millénaire.

Je remercie donc tout un chacun ici présent pour avoir répondu positivement à cette invitation.

Distingués délégués ;

Mesdames, Messieurs.

 

Nous allons discuter durant deux jours d’un sujet en rapport avec le secteur financier au moment où le monde est en train de traverser une crise financière jamais connue depuis la fin de la crise des années trente. La crise financière a dégénéré en une récession économique dans les pays développés et une décélération de la croissance dans les pays en développement. Les pays ici représentés ont commencé à sentir les effets de cette crise et les perspectives de l’économie mondiale montrent un fléchissement au niveau de notre croissance économique en 2009. Or, l’analyse des potentialités économiques de nos pays respectifs montre l’existence des opportunités de croissance économique mal exploitées pour des raisons de faible accès aux services financiers et l’Afrique bat le record à ce niveau.

 

Le choix du Rwanda pour abriter les travaux de ce forum de discussions sur les politiques réglementaires de la microfinance en Afrique n’est pas un fait du hasard, puisque le Rwanda  est parmi les pays du continent qui ont compris que le secteur de la microfinance ne peut pas se développer  s’il n’est pas convenablement réglementé et supervisé. En effet, pendant que  certains  pays doutent encore de la nécessité de mettre en place un cadre structuré de régulation du secteur de la microfinance,  le Rwanda  a plutôt emprunté la voie de la réglementation  et de la supervision de ce secteur par la Banque Centrale au même titre que le secteur bancaire, évidement avec une approche adaptée aux réalités de ce secteur. Cette vision a été tracée en 1999 lorsque le Gouvernement Rwandais  a demandé à la Banque Centrale de voir comment mettre en place une réglementation adaptée au secteur de la microfinance. C’est ainsi qu’en 2002, un règlement régissant la supervision du secteur par la Banque Centrale a été promulgué. L’approfondissement du cadre légal et règlementaire s’est poursuivi par la suite au fur et à mesure que les cadres de la Banque Centrale comprenaient davantage les forces et les faiblesses de l’industrie de la microfinance au Rwanda.  Cet effort de mise à niveau du cadre règlementaire de la microfinance a culminé en 2008 avec l’adoption par le Parlement Rwandais d’une loi spécifique portant organisation et supervision du secteur de la microfinance. Cette loi s’inscrit dans le cadre des réformes majeures préconisées dans le programme de développement du secteur financier  mis en place en novembre 2006 et dont l’exécution se poursuit en ce moment.

 

Pour vous montrer la taille du secteur de la microfinance dans notre pays, à fin 2008, le secteur de la microfinance dessert plus de six cent mille personnes, effectif qui représente environ 40% de toute la population bancarisée. Les progrès enregistrés au cours de cette année sont plus qu’encourageants. En effet, la croissance des actifs a été de 45%, passant de 20.8 à 30.4 milliards de Frw, et celle des dépôts à été de 35%, passant de 11.2 à 15.2 milliards de Frw . Les crédits distribués ont connu une variation au niveau des encours bruts de 66.3%, passant de 10.4 à 17.3 milliards de Frw.  Sans aucun doute, la microfinance a contribué au taux de croissance à deux chiffres enregistré par l’économie rwandaise en 2008.

         

 

 

 

                                               

Excellence Messieurs les Ministres ;

Distingués invités ;

Mesdames, Messieurs.

 

La réglementation du secteur de la microfinance ne serait pas efficace si elle ne mettait pas en place des normes facilement mesurables par rapport aux cinq éléments principaux qui déterminent la qualité de gestion d’une institution financière à savoir la gouvernance d’entreprise, la solvabilité, la liquidité, la rentabilité ainsi que la gestion des risques  d’une manière générale et dont le plus important est le risque de crédit. A ce titre, j’espère que les expériences qui seront partagées au cours de ce forum vont nous donner des orientations convergentes à prendre. Le choix sera facile pour ceux qui n’ont pas encore commencé à élaborer des textes légaux et réglementaires, puisqu’ils auront des exemples illustrant les cas de succès à reproduire.

 

Excellence Messieurs les Ministres ;

Distingués invités ;

Mesdames, Messieurs.

 

Comme je vous l’ai dit plus haut, l’Afrique est le continent au monde qui enregistre le  nombre le plus élevé de gens exclus du secteur financier. Pour connaitre la situation de notre pays à ce sujet, nous avons effectué une évaluation dite « Finscope Rwanda 2008 », qui nous a révélé que seulement 21% de la population rwandaise adulte disposent d’un compte bancaire. La même étude a montré  que 52% des rwandais sont exclus des services financiers formels ou informels. Vous comprendrez que même si on mettait en place des programmes ambitieux de développement économique, il serait difficile d’avoir des résultats satisfaisants et maintenir le rythme de croissance économique s’il y a la moitié de la population qui reste exclu des services financiers.

Pour changer cet état de choses dans un délai raisonnable,  le Gouvernement est en train d’élaborer une stratégie permettant de mettre en place des coopératives d’épargne et de crédits au niveau de chacun des 416 secteurs administratifs que compte le pays.

 

Excellence Messieurs les Ministres ;

Distingués invités ;

Mesdames, Messieurs.

 

Certes, la situation de faible niveau de bancarisation de nos pays n’est pas seulement due à la pauvreté intrinsèque de nos populations qui réduit les incitations à travailler avec les institutions financières présentes ;  il y a aussi et surtout l’insuffisance et l’inadéquation des infrastructures  présentes qui  ne laissent à certaines populations  aucune autre alternative qu’à garder leur épargne sous le matelas. Les efforts sont à conjuguer pour permettre la naissance de plusieurs institutions financières viables capables de répondre aux besoins de la population marginalisée.  Les nouvelles technologies de l’information qui permettent le fonctionnement de la banque à distance offrent des perspectives très prometteuses pour réduire significativement les gaps actuels dans des délais très courts.

 

J’exprime le vœu que ce forum offre l’occasion d’échange d’expériences sur les stratégies permettant d’accélérer l’inclusion financières des populations marginalisées afin qu’elles puissent participer effectivement aux programmes de réduction de la pauvreté en cours d’exécution sur le continent.

 

Je termine mon allocution en réitérant l’engagement total du Rwanda à promouvoir le secteur de la microfinance pour qu’il devienne un véritable canal d’inclusion financière accélérée et de lutte contre la pauvreté et je vous remercie encore une fois pour l’intérêt que vous portez à ce forum. Je vous souhaite un bon travail et un bon séjour dans le pays.

                                   

JE VOUS REMERCIE.

 



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